We need to talk about Kevin

Publié le par Les critiques à la Maud

We need to talk about KevinCritique: Dur, psychologiquement très dur. Il faut avoir le coeur accroché pour aller voir ce long-métrage présenté à Cannes cette année en sélection officielle. 

Etrange façon que de débuter ce film durant une fête de la tomate: des plans longs, parfois lents, quelque peu métaphoriques et surtout précurseurs de ce qui va se passer. Un moyen de faire entrer le spectateur dans l'univers dérangé de son actrice principale? L'effet est amplement réussi. Nous sommes tout de suite mal à l'aise, en tous cas, je l'ai été.

Suit un montage alterné entre la jeunesse de la mère, des parents, l'enfance contrariée du petit Kevin, les relations instables, le drame et l'après-drame. Car je ne vous gâcherai rien de l'épilogue en vous disant que ce film raconte a priori tout simplement la longue déchéance d'un adolescent vers une tuerie collective, drame récurrent des américains. Je dis a priori parce qu'au final l'essence même de ce drame, son origine et ses causes ne sont pas clairement explicites comme si n'importe quel enfant était susceptible de passer à l'acte. Manque d'amour de la mère ? Problème d'autisme ? Jalousie ? Tous les sujets sont un peu évoqués, mais aucun n'est réellement pointé du doigt. Et puis, faut-il pardonner ou pas (je parle de la mère envers son fils) ? Qui est le vrai coupable: les parents ou l'enfant ? Autant de questions, autant d'aspects différents et de points de vue dans ce film.

A cela, je voudrais notifier une caméra portée qui ne m'a pas plu. On dit que la caméra à l'épaule est faite pour exprimer un malaise. Très bien. Alors oui, malaise il y a ici sauf que si le cadreur ne maîtrise pas ses mouvements, en plus du malaise, on a des haut-le-coeur... et là je dis non. Le sujet est assez terrible comme cela, pas la peine d'en rajouter.

Quant aux comédiens, je n'ai pas vu "Melancholia" de Lars Von Trier donc je ne peux pas défendre les performances d'actrice de Kirsten Dunst dans ce film, mais je pense que pour son jeu Tilda Swinton aurait tout autant mérité le prix d'interprétation féminine à Cannes. Elle est parfaite sur tous les points: sa sensibilité, son mal-être, sa renaissance, son désarroi, sa colère, sa peur et sa capacité à être mère. Ezra Miller est lui glacial, excellent aussi, mais méprisable, c'est son rôle qui veut cela. Impeccable sur toute la ligne à tout juste 18 ans, cela promet!

 

On y va: pour les comédiens c'est sûr!

On regrette: peut-être un peu trop brouillon parfois, peut-être un peu trop violent aussi, mais beau sujet

 

Résumé: Pourquoi Kevin a fini comme ça? Les interrogations d'une mère sur son fils

Réalisatrice: Lynne Ramsay

Casting: Tilda Swinton, Ezra Miller

Publié dans Films

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Tatouille 19/12/2011 07:13

Je remonte , je remonte et je remonte encore dans le temps et j'ai envie de tout voir , c'est fou ! Comment vais je faire ?Sauf celui sur le base ball :-) Bravo à toi , de mieux en mieux ! On sent
que l'écriture devient plus facile et tes critiques sont juste très précises et très parlantes ! Miss you ma critique de Cannes! Gros bisous , je garde la suite pour demain , j'ai encore du retard
:-)